Lors de la création d’une entreprise ou de la nomination d’un nouveau dirigeant, la déclaration sur l’honneur de non-condamnation est une pièce maîtresse du dossier d’immatriculation. Bien qu’elle puisse paraître comme une simple formalité administrative, ce document engage votre responsabilité pénale. Elle atteste que vous n’avez fait l’objet d’aucune condamnation pénale, interdiction de gérer ou de diriger vous empêchant d’exercer une activité commerciale. Sans ce document conforme, le Greffe du Tribunal de Commerce rejette systématiquement votre demande d’inscription au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS).
Pourquoi la déclaration de non-condamnation est-elle indispensable ?
L’exigence de ce document repose sur une volonté de transparence dans le monde des affaires. L’administration s’assure que les personnes aux commandes d’entités juridiques possèdent l’honorabilité nécessaire pour gérer des fonds et des équipes. Selon l’article L. 123-5 du Code de commerce, toute personne physique demandant son immatriculation ou devenant dirigeant d’une personne morale doit prouver son absence de condamnation.
Le cadre légal et les sanctions encourues
Il s’agit d’une obligation légale encadrée par les articles A. 123-51 et L. 123-5 du Code de commerce. Signer une telle déclaration alors que vous faites l’objet d’une interdiction de gérer constitue un délit de faux et usage de faux. Les conséquences sont lourdes : une fausse déclaration peut entraîner une peine allant jusqu’à 6 mois d’emprisonnement et 4 500 € d’amende. Au-delà de l’amende, cela peut conduire à une interdiction définitive d’exercer toute activité commerciale.
Qui doit fournir ce document ?
La liste des personnes concernées est précise. Elle inclut les entrepreneurs individuels, les gérants de SARL ou d’EURL, les présidents et directeurs généraux de SAS ou SASU, ainsi que les membres du directoire ou du conseil de surveillance des SA. Dans le cadre d’une procédure de fermeture de société, le liquidateur doit également fournir cette attestation pour valider sa nomination auprès des autorités.
Modèle de déclaration sur l’honneur de non-condamnation et filiation
Pour être recevable par le Greffe ou le Guichet Unique, le document doit comporter des mentions obligatoires précises. Une simple lettre mentionnant « je n’ai pas été condamné » est systématiquement refusée. Le document doit inclure votre identité complète, votre adresse et votre filiation.

Exemple de texte à recopier
Voici un modèle standard que vous pouvez adapter à votre situation. Veillez à ce que les informations correspondent exactement à celles figurant sur votre pièce d’identité.
« Je soussigné(e) [Nom, Prénom], né(e) le [Date de naissance] à [Lieu de naissance], demeurant au [Adresse complète], fils/fille de [Nom et Prénom du père] et de [Nom et Prénom de la mère], déclare sur l’honneur, conformément aux articles L. 123-5 et suivants du Code de commerce, n’avoir fait l’objet d’aucune condamnation pénale, ni d’aucune sanction civile ou administrative de nature à m’interdire d’exercer une activité commerciale, de diriger, d’administrer, de gérer ou de contrôler à un titre quelconque, directement ou indirectement, pour mon propre compte ou pour le compte d’autrui, une entreprise commerciale ou artisanale, une exploitation agricole ou une personne morale. »
L’importance de la filiation
La mention de filiation est indispensable pour l’administration. Elle permet de lever toute ambiguïté en cas d’homonymie. Le Greffe utilise ces informations pour vérifier votre casier judiciaire national. Sans les noms et prénoms de vos parents, le système de vérification automatisé pourrait vous confondre avec une autre personne portant le même nom et ayant subi une condamnation, ce qui bloquerait votre dossier.
Le rôle du flux d’informations entre les registres
Cette déclaration s’inscrit dans un flux d’informations permanent entre les instances judiciaires et administratives. Le Greffe ne se contente pas de stocker votre document, il effectue une corrélation avec le casier judiciaire national pour s’assurer de la véracité de vos propos. Ce croisement de données garantit que le Registre National des Entreprises (RNE) reste une base de données fiable. Si une condamnation survient en cours de vie sociale, le flux d’informations judiciaire peut rattraper le dirigeant, d’où la nécessité de maintenir une situation d’honorabilité constante tout au long de l’exercice du mandat.
Les erreurs classiques qui font rejeter votre dossier
Une erreur matérielle peut entraîner un rejet du dossier par le Guichet Unique ou le Greffe du Tribunal de Commerce. Ces erreurs coûtent du temps et des frais de renvoi de dossier.
| Erreur fréquente | Conséquence | Solution |
|---|---|---|
| Oubli de la filiation | Rejet immédiat | Mentionner les noms et prénoms des parents |
| Date de signature ancienne | Document non valide | Signer moins d’un mois avant le dépôt |
| Incohérence d’identité | Doute sur le signataire | Recopier les prénoms de l’état civil |
| Absence de signature manuscrite | Document sans valeur | Signer manuellement ou électroniquement |
La question de la signature électronique
Avec la généralisation des démarches en ligne via le portail de l’INPI, la signature électronique est courante. Si vous imprimez et signez manuellement, veillez à ce que le scan soit parfaitement lisible. Si vous optez pour la signature électronique, elle doit être conforme aux exigences de sécurité (niveau « avancé » ou « qualifié ») pour être acceptée comme équivalente à une signature manuscrite.
Cas particuliers : Étrangers et professions réglementées
La situation varie selon votre nationalité ou le secteur d’activité visé. Les règles de non-condamnation s’appliquent à tous, mais les justificatifs complémentaires diffèrent.
Dirigeants de nationalité étrangère
Si vous êtes de nationalité étrangère et résidez en France, vous devez fournir la déclaration au même titre qu’un citoyen français. Si vous résidez à l’étranger, le Greffe peut exiger un extrait de casier judiciaire de votre pays d’origine, traduit par un traducteur assermenté, en plus de la déclaration sur l’honneur. Pour les ressortissants de l’Union Européenne, des procédures simplifiées d’échange d’informations entre casiers nationaux facilitent souvent ces démarches.
Zoom sur les professions réglementées
Pour certaines activités comme l’immobilier, le transport, la sécurité privée ou les débits de boissons, la simple déclaration de non-condamnation ne suffit pas. Ces professions sont soumises à des conditions d’honorabilité spécifiques. Par exemple, un agent immobilier ne doit pas avoir été condamné pour des faits de blanchiment ou de fraude fiscale. L’autorité de tutelle, comme la CCI pour la carte professionnelle immobilière, effectue des vérifications approfondies sur le bulletin n°2 du casier judiciaire, plus complet que les vérifications standards du RCS.
La déclaration sur l’honneur de non-condamnation est un acte de probité indispensable. Prenez le temps de la rédiger avec soin, en vérifiant chaque information d’état civil, pour garantir une immatriculation fluide et sans encombre juridique.